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Brésil quiz
J’ai un pote, Manu, qui m’a dit alors que je venais d’arriver à Rio : « les brésiliens sont tous des enfants ». Sur le moment, j’ai trouvé ça méprisant. J’étais carrément choqué (Manu, je te le dis franchement, tu m’as choqué ce jour-là du haut de ton rocher à Picinguaba !). Et si, sans trop se prendre la tête, on prenait cette réflexion du bon côté : mettre du jeu, du rire et de la légèreté dans tout ou presque, c’est être un peu un enfant, non ? Savoir effacer une remontrance d’un sourire large comme ça (« Moi ? J’ai deux heures de retard ? Ah bon!!! »), c’est souvent le privilège des enfants, n’est-il pas ?
A côté de ça, comme beaucoup d’enfants d’ailleurs, les brésiliens sont bourrés d’imagination, de curiosité, de sourire, d’amour de la vie, de nouvelles idées, d’envie de faire et de découvrir, de se dire que c’est possible, pourquoi pas ? Et ça c’est bon, au quotidien, dans le boulot, dans la rue, au café, c’est vraiment bon de sentir cette énergie-là, et c’est ça le cœur du Brésil !
Pour la partager cette énergie, il y a une clef indispensable : la langue.
Alors à la manière d’un enfant qui apprend, on te propose d’explorer le « portugais du Brésil » (on ne dit pas « le brésilien », dommage parce que c’est quand même bien différent du portugais, le « portugues do Brasiou », ces jeux de mots, ces petites expressions de derrières les fagots, et cette prononciation à nulle autre pareille).
Allez, vamos !
« Botar agua no feijão »
Littéralement : mettre de l’eau dans les haricots (dans la casserole des haricots). Ça tu le dis quand, tout d’un coup, sans prévenir, des potes débarquent, salut c’est nous ! Comme il y a, ou avait, toujours des haricots rouges en train de cuire dans les maisons, on met de l’eau dans la casserole pour délayer un peu le plat et pouvoir le partager. « Vamos botar agua no feijão ! », c’est, en cinq mots, un très bon condensé de la convivialité brésilienne.
« Tomara que caia ! »
Comment on dit « un bustier » ? "Tomara que caia", littéralement le « pourvu qu’il tombe », no comment, sinon que c’est un bel exemple de subjonctif, très utilisé en portugais.
« Da, da! »
Digne d’un manuel de russe moderne, da, da ! « Da », ça veut dire « ça le fait », « ça passe », « c’est possible ». Hyper utilisé ! Encore plus au futur « vai dar » (ça va le faire !). Au passé, ça peut donner « nao deu ! » (ah ben finalement, ça l’a pas fait !) . Optimisme, on te dit, optimisme ! Ça sert bien pour poser des questions aussi : « da para jantar ? » (on peut diner ?), « da para beijar sua boca ? » (je peux t’embrasser sur la bouche ?).
« Dar um jeito »
Ah, le jeito ! Disons qu’il s’agit de s’arranger, de ne pas rester planter (parce que la voiture est en panne, parce qu’on n’a plus d’argent, parce qu’un policier t’as arrêté, parce qu’il s’est mis à pleuvoir). Il faut trouver une solution. Pour ça, on va trouver « um jeito » ou « um jeitinho » (le diminutif, clef de voute du parler au Brésil !), voir on va le donner (« dar ») ce « jeito ». Parfois même, on va carrément créer un verbe, on va « ajeitar a situação ». En gros, tout le monde va faire un petit effort et ça va le faire, allez, mais si ça le fait ! « vamos dar um jeito » !
« Chopp » (prononcer shopi, comme le supermarché, mais en accentuant bien le « o » !)
C’est simple, c’est un demi-pression. Ça se boit « estupidamente gelado » (complètement givré tenterait le traducteur !). Ça se boit à la file aussi, les bars ont des nappes en papier où le serveur peut cocher le nombre de demis que tu prends au fur et à mesure. Il y a une grille avec des numéros, ça va jusqu’à 49, comme le loto !
« Saideira »
Fermons les yeux, imaginons la scène : tu es au bar, tu bois des chopp avec des amis, donc, et là tu dis : bon, il faut que j’y aille, j’ai une heure de retard déjà, le temps de partir ça fera une heure et demie et je vais me faire pourrir par mes autres amis qui m’attendent pour diner (tu as beaucoup d’amis, tu es au Brésil, c’est bien mieux que Facebook). Donc j’y vais. Mais là, il y a une voix qui s’élève : « Saideira ! » (ça vient de « saida », la sortie) : allez, un dernier quoi, tu ne peux pas partir comme ça, « uma saideira », un verre pour t’accompagner jusqu’à la sortie. Oui, il peut y avoir plusieurs saideira …
« Ão »
Tout le monde la connait cette terminaison-là ! Ça se prononce pas « ao » (ahoh), ça se prononce « an », comme Rantanplan. Seleção, falcão, brandão, pão, não, rãotãoplão, solução etc…
« Show de bola »
Le foot ! Le « futebol » (prononcer foutchebohou) ! « Jogar bola » (jouer à la balle). Un « jogo », c’est un match. Un « jogo de bola » c’est un match de foot. Quand le match est vraiment super beau, ça devient un show, un « show de bola ! ». Les brésiliens n’aiment pas trop défendre, donc il y a souvent pas mal de buts (quoique, ça change..). « Show de bola » donc, un match de folie. Et comme le foot est partout, que tout le monde aime ça, l’expression s’est étendue au langage courant, je veux dire « non sportif ». Comment étaient tes vacances ? « Show de bola ! ». Comment était ton anniversaire ? « Show de bola ! ». « J’ai passé mon examen, show ! », et ouais, au bout d’un moment on diminutise, ça donne juste « show ! », dément !

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