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Certifications et labels

What makes you ethical ?

... me disait cette acheteuse au salon Pure de Londres en août dernier. Droit dans les yeux, je te le demande, « mais d’où tu es éthique ? hein ? ». C’est bien beau de dire qu’on est équitable, encore faut-il le prouver !

Chez Tudo Bom ? on a toujours eu une approche très pragmatique. Notre premier référentiel de commerce équitable a été celui de la WFTO (World Fair Trade Organization), qui s’appelait l’IFAT à l’époque : 10 principes pour définir l’équitabilité de la démarche. Nous avons appliqué ces principes à l’activité de couture et nous sommes devenus membre de la WFTO. Elle regroupe des « pure players » du commerce équitable, ceux qui ne font que ça : producteurs, grossistes, distributeurs, certificateurs, ONG d’appui. L’entrée dans cette organisation nécessite l'approbation des autres membres. Cette adhésion signifie que le projet dans son ensemble respecte la démarche du commerce équitable.

Ce fut la première étape. Tous les deux ans l’adhésion est remise en cause et nous devons analyser de nouveau nos pratiques pour vérifier que nous respectons bien les principes de la WFTO.

En France, Tudo Bom ? adhère à la PFCE (Plateforme Française du Commerce Equitable) qui regroupe les acteurs du commerce équitable français prêts à jouer le jeu de la transparence. La PFCE audite chacun de ses membres régulièrement.

Transparence, le mot est lâché, pour nous, c’est la pierre angulaire de la démarche éthique ; d’abord être vraiment transparent. Dire là où on est bon, là où il nous faut encore progresser. Expliquer, raconter, montrer et laisser voir. Les ateliers avec lesquels nous travaillons peuvent être visités, de même que les fermes des producteurs de coton. Rien à cacher !

En France encore, Tudo Bom ? est l’un des membres fondateurs de l’AME (l’association des Acteurs de la Mode Ethique) et s’est de nouveau soumis à cette occasion à un audit extérieur.

Au Brésil, Onda Solidaria, l’association qui porte le projet localement est membre du FACES do Brasil (Fórum de Articulação do Comercio Ético e Solidario) qui est le collectif des acteurs du Commerce équitable. Faces, ça veut dire « les visages ». Le collectif a notamment créé, avec le gouvernement une définition officielle du commerce équitable, chose que peu de pays ont réussi à faire. Onda solidaria est aussi membre de la WFTO.

Ces différents réseaux sont autant de reconnaissance, par les autres acteurs du commerce équitable, du bien fondé de notre démarche. Cela prouve aussi que nous n’avons pas peur de nous montrer et de nous exposer à la critique.

Pour être « vraiment équitable » il nous semble primordial de créer une relation d’égal à égal avec les producteurs, de créer des conditions qui leur permettront de défendre leur bout de gras en somme ! C’est très dur de vérifier que la relation est bien « d’égal à égal », mais nous nous y employons.

Nous avons approché FLO Cert (le certificateur de Max Havelaar) pour voir comment certifier notre filière. Pas de soucis majeurs sur la partie coton. Sur la couture, nous nous sommes heurtés à un problème inattendu. Notre système même, qui fait le choix de travailler avec les plus petits producteurs, ne rentre pas dans les critères de FLO. Non qu’il ne soit « pas assez juste », mais que les référentiels FLO ne prévoient pas vraiment ce type d’organisation de production. Du coup, la grille d’analyse, adaptée pour une usine, ne l’est plus du tout pour un atelier de 5 personnes. Malgré une bonne volonté partagée, nous ne sommes pas parvenus à conclure d’audit et avons décidé avec FLO de réfléchir à la meilleure manière d’adapter les standards et le mode d’audit de FLO aux tous petits ateliers de production. Voila une des raisons pour lesquelles Tudo Bom ? n’est toujours pas labellisé Max Havelaar, en plus du coût élevé - surtout pour de petites organisations - de la mise en place de cette certification.

Au Paraguay, nous achetons du coton à un producteur qui a la certification « Fair for Life » de IMO. C’est une garantie supplémentaire. En plus d’être allé trois fois visiter le projet et les agriculteurs et d’avoir pu tester la transparence de ce partenaire.

Nous attendons avec impatience la mise en place de la Commission Nationale du Commerce Equitable, prévue par la loi Dutreil d’Août 2005 (oui ça commence à faire un bail..) pour agréer les structures de commerce équitable en France.

Et le bio dans tout ça ?

Ah le bio ! Tudo Bom ? n’est pas certifié bio pour le moment, tout d’abord parce qu’il n’y a quasiment pas de coton bio au Brésil. Nous nous employons, avec d’autres, à faire émerger au Brésil, une filière professionnelle organisée, capable de développer l’offre de produits cotonniers bio.

Pas certifié bio certes, cependant, chez Tudo Bom ? nous achetons depuis le début du coton soit « agro écologique », donc cultivé dans les conditions du bio depuis longtemps, soit « en conversion vers le bio ». Cette conversion elle peut durer 3 ou 4 ans. 3 ou 4 ans durant lesquels le producteur travaille très dur, il doit changer de technique et assumer ses choix par rapport à sa famille et aux autres producteurs qui le regardent en coin. Changer de technique de culture, c’est comme travailler dans une langue étrangère, c’est dur au début et puis on s’habitue ; ces 3 premières années sont les plus dures. Et pendant ces 3 ans, pas de certification (il y a un délai pour être certifié qui correspond à la notion de nettoyage des sols). Tudo Bom ? est fier d’acheter, au prix du coton bio équitable, le coton « en conversion » de ces agriculteurs, pour les accompagner sur ce chemin semé d’embûches.

Nous poussons donc à la certification bio, car nous pensons que c’est un facteur d’autonomie pour les producteurs, mais nous n’en faisons pas un pré-requis car nous serions alors complices d’une certaine exclusion. Nous appelons donc notre coton « écologique », ce qui nous semble correspondre à notre démarche. Concrètement, le projet « Nordeste » a fait l'objet d'un audit de certification en décembre 2009. Nous attendons le rapport final d'IBD en mars ou avril 2010. Croisons les doigts de pied ! Mais ça ne devrait pas être trop sujet à débat, car nous travaillons avec des agriculteurs qui n’ont jamais utilisé d’intrants chimiques. Beaucoup sont des experts de l’agroécologie, qui connaissent les techniques naturelles pour cultiver. Ils refusent les produits chimiques, parce que chers, polluants, et mauvais pour la santé. Certains « font du bio sans le savoir », des Monsieur Jourdain du bio en somme… Nous sommes confiants quant à leur certification rapide, grâce à un financement obtenu auprès de l’organisme de coopération allemand, le GTZ.

Quand nous achetons du coton au Paraguay, là, il est certifié bio. C’est IMO, la société suisse, qui réalise les audits.

Concernant les teintures enfin, nos fournisseurs n’utilisent que des encres sans métaux lourds et non nocives pour l’environnement. Et les eaux usées sont traitées de manière rigoureuse. L’eau rejetée passe par 3 niveaux de filtrage, pour être rejetée limpide. La partie solide restante est stockée dans un espace dédié, et est régulièrement enlevée par un service public de traitement des déchets. Les sérigraphies utilisées sont à base d’eau, et la solution de révélation des cadres est sans métaux lourds.

EN RESUME, TUDO BOM? C'EST du coton écologique, en conversion vers le bio, ou parfois déjà bio, et c’est très important d’offrir des débouchés au coton en conversion.

Toujours en résumé, Tudo Bom ? c’est du commerce équitable, fondé sur une grande transparence et l’adhésion à plusieurs réseaux reconnus de commerce équitable.

Enfin, Tudo Bom ?, c’est le combat pour que l’on n’oublie pas les tous petits producteurs dans nos systèmes de certifications, pour que nous ne recréions pas de barrière à l’entrée insurmontable pour ces producteurs, car ça, ça ne serait pas équitable !